Une fois par an, Saint-Gilles les Bains bascule dans la folie douce et colorée du Grand Boucan — et rien n’est plus réunionnais, plus intense, plus vivant que ce carnaval créole qui déborde dans les rues de la station balnéaire chaque avant-dernier dimanche de juin.
Dès la matinée, la ville prend des couleurs. Les associations préparent leurs chars depuis des semaines, les couturières finalisent les derniers détails des costumes, les musiciens accordent leurs instruments. Puis le défilé s’élance, immense serpent multicolore qui traverse Saint-Gilles de bout en bout. Des chars spectaculaires décorent les rues de plumes, de paillettes et de créativité débordante. Les groupes de percussions font trembler le sol. Les danseurs en costume enchaînent les chorégraphies avec une énergie qui électrise les spectateurs massés sur les trottoirs.
L’atmosphère est unique : un mélange d’humour, de fierté culturelle, d’exubérance créole et de chaleur humaine.
Le Grand Boucan, c’est Saint-Gilles qui se lâche, qui célèbre son identité insulaire avec la même intensité qu’il accueille le soleil chaque matin.
Le clou du spectacle arrive en fin de journée, sur la plage des Roches Noires, au coucher du soleil : l’incendie du Roi Dodo.
Ce gigantesque personnage en papier mâché, symbole de la démesure carnavalesque, est brûlé dans les flammes tandis que la foule crie, chante et danse autour du bûcher.
Un moment rituel, presque mystique, qui marque la fin des festivités dans une lumière de fin du monde absolument inoubliable.
À ne manquer sous aucun prétexte si vous êtes à Saint-Gilles fin juin.